Ce vendredi 13 mars, deux jours avant le premier tour des élections municipales, les activistes d’ANV-COP21 donnaient rendez-vous à Emmanuel Macron devant l’Élysée, avec les portraits présidentiels réquisitionnés dans les mairies. Trois scientifiques présents ont été interpellés par les forces de l’ordre, ainsi que plusieurs activistes, dont Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac, Khaled Gaiji, président des Amis de la Terre, et Priscillia Ludosky, figure des Gilets jaunes.
Peu après 11 h, trois scientifiques signataires de l’appel à la désobéissance civile publié en février ont pris la parole : « Dans son discours sur le coronavirus, Emmanuel Macron a évoqué plusieurs fois les alertes des scientifiques : en matière de climat et d’effondrement de la biodiversité, cela fait des années qu’elles existent », s’est exprimé l’épidémiologiste Kévin Jean. « Le gouvernement a sciemment ignoré ces alertes, a-t-il dénoncé. Le Haut conseil pour le climat l’a épinglé, et en janvier le gouvernement a quand même revu à la hausse ses émissions de gaz effet de serre pour les prochaines années. Il continue aussi de promouvoir des technologies énergivores et superflues, comme la 5G. Emmanuel Macron est à l’opposé de ses beaux discours. » Avec lui, un sociologue et un astrophysicien — Milan Bouchet-Valat [1] et Jérôme Guilet — ont reçu des portraits réquisitionnés de Macron. C’est le moment qu’ont choisi les gendarmes pour interpeller les trois scientifiques, qui ont été emmenés dans un fourgon.